Voitures et montres connectées, wearables : Visa entrouvre l’avenir du paiement digitalisé

Depuis Barcelone – Bienvenu à Visa Futures, l’évènement organisé par Visa pour ses clients, comprenez les banques et les banquiers du vieux continent. L’occasion de mettre en avant ses travaux en matière d’innovation. Un show room géant dressé dans un centre des congrès de la capitale catalane permet de toucher du doigt le futur du paiement. Un futur à 6 mois tient à préciser Gérard Nebouy, le directeur exécutif de ‎Visa France. Les 4 laboratoires d’innovation de Visa (Londres, Dubaï, Miami et New York) sortent des pilotes pour une adoption (ou non) en moins d’une année désormais. « On est sur le digital de demain pas d’après demain » explique t-il.

 

Le showroom présenté par Visa Europe pour ses clients montre différents cas d’usage du paiement. Ici, dans le retail. (Source : Visa)

La présence d’un véhicule Bentley illustre une tendance forte : l’intégration de moyens de paiement digitalisés dans les objets connectés. La carte bancaire du possesseur (ou de l’utilisateur) de la voiture est digitalisée grâce au principe de la tokenisation. Passer une commande de pizza et payer depuis son véhicule, être averti en cas de besoin de passer à la pompe, et payer directement, ou encore s’acquitter de sa facture de parking sont autant de possibilités explorées avec ce prototype.

« Par ailleurs, les capteurs de la voiture, comme la caméra interne, peuvent être utilisés pour renforcer l’authentification au moment de la transaction » explique Frédéric Maistre, responsable des partenariats stratégiques chez Visa. Une innovation rendue possible par un changement de culture. « Visa depuis quelques années effectue une petite révolution » assure t-il. »Nous passons de systèmes fermés à une ouverture via la tokenisation et les API ».

Expérience sur le cashless pour les festivals et les évènements sportifs

Visa travaille également sur la mise en place de systèmes cashless pour des rendez-vous éphémères, comme les festivals de musique ou les évènements sportifs. Et la question de la connectivité devient malheureusement alors critique. Comment sécuriser les paiements cashless dans des zones habituellement peu denses, donc peu couvertes par le réseau, avec une soudaine affluence ?

 

La mise en place de systèmes cashless pour les festivals de musique sont une occasion d’étudier les différentes typologies de clients dans une population courtisée par toute l’industrie bancaire : les millennials. (Source : Visa)

Visa tient évidemment bien plus à insister sur la dimension expérimentale de ses initiatives, comme celle du festival Boardmasters en Cornouailles. Certes, des problèmes de connectivité ont été constatés. Reste que ce type d’évènement permet aussi à Visa d’étudier de nouvelles typologies de clientèles.

Dans les tuyaux, on trouve notamment de l’Intelligence Artificielle pour authentifier les paiements (du IBM Watson est à la baguette), ou encore l’arrivée du paiement sur les montres connectées et autres wearables.

Le paiement arrive sur les montres connectées

Fitbit s’apprête par exemple le 2 octobre prochain à commercialiser l’Ionic, une montre équipée d’une puce NFC pour le paiement sans contact (système Fitbit Pay). « L’avenir du wearable, c’est clairement la santé » explique Olivier Claude, de Fitbit. « Mais en mettant une puce NFC dans nos montres, nous voulons donner l’opportunité aux clients de porter leur équipement à d’autres moments de la journée que la salle de gym ou le footing ». Fitbit à bon espoir de signer un contrat avant le lancement de son offre avec une banque de détail française.

C’est que ces innovateurs, fabricants de matériel comme services de sécurisation du paiement, doivent surtout convaincre les banques de sauter le pas de la nouveauté. Pas simple quand les clients de ces même banques rechignent à changer leurs habitudes.

Car payer différemment exige un temps d’adaptation plutôt long. Le NFC par exemple existe depuis 10 ans. « Adopter une nouvelle technologie de paiement ce n’est pas comme télécharger une nouvelle sonnerie de smartphone » euphémise Bill Gajda, Global Head of Innovation & Strategic Partnerships de Visa Europe. « Ca prend toujours du temps quand on parle de son argent ». Le responsable de l’innovation de Visa juge cependant que les nouveaux moyens de paiements « gagnent en traction ». A ce jour, 63% des européens utilisent le NFC selon une étude de Visa.

Succès de la biométrie chez les millennials… et les seniors

Reste que le phénomène du moment c’est le paiement mobile. 77% des européens utilisent smartphone, tablette ou wearable pour effectuer des achats en ligne. Et sans véritable surprise ce sont les millennials conduisent ce changement. 86% d’entre eux (les 18-34 ans) utilisent le paiement mobile. Dans le détail, les activités les plus populaires sont la banque en ligne (62%), le shopping en ligne (48%), ou encore le paiement de facture (42%).

Les seniors rejoignent eux les millennials dans un enthousiasme partagé autour du sujet de l’authentification biométrique pour payer en ligne, respectivement à 87% et 84%. « Les seniors trouvent cela très pratique. Pas besoin de se rappeler du code de la carte » note Bill Gajda.

Si l’empreinte, la reconnaissance d’iris et la toute récente reconnaissance faciale sont en voies de développement, Visa croit surtout à termes à la reconnaissance comportementale. « Les appareils électroniques pourront bientôt effectuer de la reconnaissance passive, sans que le client n’ait à faire un geste pour s’identifier. Donc oui, nous seront tout le temps identifiés, et ce grâce à des informations recueillies constamment » veut croire le responsable de l’innovation de Visa.

Méfiance vis à vis du paiement en ligne : ça va mieux

Par ailleurs, Visa insiste dans son étude sur la (modeste) réduction de la défiance des clients vis à vis du paiement en ligne. C’est une inquiétude pour 65% de la population en 2015, et 59% en 2016. « Les consommateurs considèrent le paiement numérique comme plus sûr et pratique » veut croire Bill Gajda.

Là où Visa se montre en revanche des plus circonspect, c’est sur la place des réseaux sociaux dans l’écosystème du paiement numérique au vu de l’opinion actuelle des clients. « Les données de paiement et les données personnelles sont plus à l’abri dans les banques et chez les agences gouvernementales que sur les plateformes sociales selon la population que nous avons interrogé » assure Bill Gajda. De quoi certainement rassurer les banques, premiers clients de Visa.

ZDNet