Un mois avec Amazon Alexa partout : le bon, le mauvais et le terrifiant

Cela fait environ un mois que nous avons installé une enceinte Alexa dans toutes les pièces de notre maison. À l’exception des toilettes, nous pouvons nous adresser à Alexa partout dans la maison et même dans le garage. Mais soyons honnêtes, nos impressions sur l’expérience sont assez mitigées.

 

Le positif :

Alexa est notre méthode principale pour contrôler les lumières et le thermostat. Dans notre maison de Floride, nous disposons d’environ une vingtaine d’ampoules Hue. L’intégration d’une commande vocale pour les contrôler les a rendues d’autant plus utiles.


La capacité à allumer ou éteindre les lumières lorsque l’on a les mains pleines ou lorsque l’on est occupé à faire autre chose s’est rapidement révélée précieuse. C’est aussi toujours très agréable de ne pas avoir à se lever d’une chaise confortable juste parce que l’on a oublié d’éteindre la lumière.

J’ai également intégré Alexa dans mon studio à l’aide d’une prise intelligente à 20 dollars. Cela me permet d’allumer et d’éteindre les lumières de mon studio sans avoir à quitter mon plateau. C’est assez important, car je porte fréquemment un micro-cravate, connecté à ma table de mixage par un câble qui n’est pas assez grand pour faire complètement le tour de mon bureau sans rester bloqué. Maintenant, il me suffit de demander « Alexa, allume la Chroma Key » pour allumer les lumières pour mon écran vert.

Contrairement à notre ancienne maison, cette maison a un système HVAC compatible avec le thermostat Nest. J’en ai donc installé un, que j’ai lui aussi connecté à Alexa. Nous avons depuis pris l’habitude de demander « Alexa, quel est le réglage du thermostat ? » et de le régler via la commande vocale. Je ne crois pas que nous ayons eu à toucher le thermostat à nouveau depuis.

En bref, les contrôles domotiques avec Alexa sont tout à fait fonctionnels.


Nous avons également commencé à utiliser la fonctionnalité « Drop in » au sein de la maison. Cela nous permet de communiquer directement d’une pièce à l’autre. Cela fonctionne plutôt bien lorsque nous savons où les autres se situent dans la maison. Si je suis dans le garage et ma femme dans son bureau, elle peut se contenter de demander à Alexa d’entrer en communication avec le garage et nous pourrons parler.

Alexa a d’ailleurs été très utile dans le garage. Étant donné que je travaille fréquemment là-bas, notamment quand je prépare mes vidéos pour ZDNet, je trouve cela intéressant d’avoir un système mains libres qui peut me permettre de vérifier certains résultats mathématiques, configurer des minuteurs et alarmes, vérifier la météo ou jouer de la musique.

Je pensais qu’installer un appareil Echo au garage serait un peu du luxe, mais j’ai finalement été convaincu. Celui-ci est aussi utile que l’ensemble des outils dans le garage et je l’utilise chaque fois que vais y travailler.

Le négatif

La fonctionnalité de communication entre les pièces perd de son intérêt dès lors que nous ne savons pas dans quelle pièce se situe l’autre personne. Pour l’instant, il ne semble pas qu’Alexa ait prévu de fonctionnalité permettant de diffuser la voix dans toutes les pièces en même temps.

La qualité du son sur cette fonctionnalité n’est pas non plus incroyable. Il est tout à fait possible de parler à Alexa depuis l’autre bout de la pièce, mais dans le cas d’une communication entre différents appareils, il est extrêmement délicat d’entendre quelqu’un qui est éloigné de son appareil transmetteur, ou occupé à une activité qui viendrait créer du bruit parasite. Discuter avec quelqu’un situé dans la cuisine est par exemple tout à fait inutile.


Nous avons encore des problèmes avec les mots clefs utilisés pour réveiller Alexa. Dans les pièces séparées des autres par des murs, nous pouvons facilement utiliser le mot « Alexa » dans chaque pièce sans problème. Mais il y a également une zone dans la maison où trois pièces communiquent et chacune est a portée d’un appareil connecté différent. Utiliser « Alexa » est ici impossible, et dans ce cas, nous utilisons trois mots différents.

Nous n’avons pas totalement compris comment mettre en place et annuler des alarmes d’une pièce à l’autre. Par exemple, nous ne pouvons pas être dans le salon et dire « Alexa, configure le réveil de la chambre pour 8h du matin ». Cela ne fonctionne pas, mais j’imagine que ce n’est qu’une question de temps.

Nous ne pouvons pas non plus annuler une alarme ou un minuteur depuis une autre pièce. Si le minuteur de la cuisine s’active et que nous sommes dans le bureau, nous ne pouvons pas simplement dire « Alexa, annule le minuteur. » Nous devons courir dans la cuisine et le faire là-bas, ou bien utiliser l’application.
Comme pour les communications, nous aimerions être capables de régler ce genre de chose depuis n’importe quelle pièce. Par exemple, si nous lançons une minuterie dans la cuisine avant de passer au salon, ça serait intéressant de pouvoir dire « Alexa, je suis maintenant dans le salon » et de pouvoir régler les alarmes et minuteurs d’ici.

L’étrange

Alexa a été un peu étrange ces dernières semaines. De temps à autre, elle parle seule sans que nous n’ayons prononcé le mot clef. C’était particulièrement vrai dans la période ayant suivi Noël. Mon hypothèse est qu’Amazon était à la peine face à la masse de nouveaux appareils à intégrer au sein de leur Cloud.

Mais c’était tout de même assez étrange.

Cela nous a conduits à ressentir un sentiment de malaise, qui a finalement toujours été présent. Nous avons conscience qu’Alexa nous écoute en permanence. Nous savons très bien qu’Alexa enregistre les conversations et se contente d’y chercher le mot clef d’activation, et que seul le mot clef peut déclencher l’envoi et le traitement de nos conversations vers le cloud d’Amazon. Mais en installant un appareil dans chaque pièce, nous avons commencé à devenir légèrement paranoïaques.
C’est un problème majeur avec les assistants conçus pour écouter en permanence. Notre société est entièrement consciente des dangers qu’implique une surveillance généralisée et l’idée que ces appareils puissent nous enregistrer en permanence sera toujours présente dans un recoin de nos esprits, que cette peur soit justifiée ou non.


Mais nous sommes également dans une société qui profite largement de la collecte des informations personnelles. Google et Facebook, c’est vers vous que je regarde. Si un seul des fabricants d’assistants personnels vient un jour briser la confiance installée envers leurs clients, c’est tout le secteur qui pourrait s’effondrer.


Pour l’instant, nous sommes optimistes, mais prudents. Dans notre nouvelle maison, Amazon Echo est le bienvenu, pour peu que son comportement un peu étrange soit réparé sous peu. Si un jour nous ne nous sentons plus à l’aise, nous nous séparerons des appareils et nous éteindrons nos lumières à la main, comme les hommes des cavernes que nous étions alors.

Cet article est une traduction de « After a month of Alexa in every room: The good, the bad, and the creepy » initialement publié sur ZDNet.com

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