Retour à l’auto école : le simulateur qui enseigne à l’IA des voitures comment conduire

La question n’est plus de savoir si oui ou non les voitures autonomes arriveront un jour sur nos routes, mais quand cela sera le cas, affirme l’expert Antonio López. Malgré son optimisme, un certain nombre de défis doivent être adressés avant que des voitures sans conducteur viennent remplacer des conducteurs humains. L’un d’eux est l’enseignement aux véhicules sur la meilleure manière de reconnaître les obstacles et les situations dangereuses, de manière à ce qu’ils réagissent convenablement.

 

Un véhicule autonome apprend à éviter les piétons. (Source : Université de Barcelone)

C’est précisément pour s’attaquer à cette question que Synthia a été développé par le Computer Vision Center de l’Université de Barcelone, où Antonio López est responsable des systèmes de conduite avancés.

Synthia est un simulateur qui utilise des réseaux de neurones convolutifs et l’apprentissage profond pour améliorer les systèmes d’intelligence artificielle des véhicules. Et ce de manière à ce qu’ils puissent gérer ce qui se passe autour d’eux, même dans mauvaises conditions météorologiques.

Avant Elon Musk et la Google Car

Le projet a débuté il y a huit ans, bien avant la voiture autonome de Google, et se nomme désormais Waymo. Il est apparu avant même les tentatives d’Elon Musk de retirer le volant aux conducteurs. « Nous avons commencé avec la détection des piétons et les jeux vidéo » explique Antonio López à ZDNet. « Désormais, avec les capteurs nous pouvons voir le contenu de chaque pixel dans une image. Nous savons également à quelle distance sont les objets de la caméra, ce qui est une information cruciale pour les systèmes de vision. »

Les IA des voitures autonomes sont entraînés, à l’aide de vastes jeux d’images, à reconnaître les différents éléments et être capables de distinguer, par exemple, un trottoir d’une route un jour de forte pluie. En utilisant cette information tagguée, le logiciel interprète les signaux en provenance des caméras de la voiture et décide comment réagir.

« Nous avons modélisé une voiture autonome dans Synthia pour faire des tests et veillez à ce que le véhicule exécute les ordres qu’il reçoit » explique Antonio López. « Nous avons également testé certains modèles afin de détecter les piétons avec une vraie voiture autonome mis au point par l’Université de Barcelone. Mais cela ne prouve pas nécessairement qu’une voiture autonome fonctionne mieux que toute autre voiture. »

Introduction partielle dans 10 ans

Les données générées par le simulateur sont disponibles pour la communauté scientifique. Cependant, il y a encore un long chemin à effectuer. Selon Antonio López, l’enjeu clé de la voiture autonome est l’environnement urbain, qui est « complexe et incontrôlable ». Pourtant, il prévoit une introduction partielle de ce type de véhicule dans les villes d’ici 10 ans.

« En 2050, 75% de la population vivra dans les villes, ce qui rendra impossible le fait pour chacun d’avoir une voiture » dit-il. « Les flottes intelligentes faciliteront la mobilité. Les voitures se parleront les unes aux autres, et tout sera plus sûr. Mais nous avons besoin de ne pas courir trop vite pour arriver à ce point. » Pour l’instant, Antonio Lopez et son équipe veulent se concentrer sur l’amélioration de Synthia pour traiter plus de données et manipuler différents types de situations.

Pendant ce temps, une autre structure initiée par SEAT, Volkswagen Group Research et l’Université Polytechnique de Catalogne, Cooperative Automotive Research Network (CarNet), travaille à trouver plus facilement des places de stationnement dans la ville, évaluer l’impact des systèmes de véhicules partagés multi-utilisateurs et concevoir un nouveau concept de mobilité urbaine.

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