Orange Bank : 30.000 clients et quelques bugs

Au début du mois de novembre, Orange lançait après quelques retard à l’allumage Orange Bank. Il s’agit d’une offre 100% mobile et « gratuite » qui entend bousculer le secteur des néo-banques en proposant les services classiques d’une banque et ceux d’une banque en ligne. « Orange Bank est aujourd’hui la seule banque française à proposer à la fois la gratuité, l’immédiateté, le paiement mobile, l’innovation des usages et un conseiller virtuel disponible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 », peut-on lire dans un communiqué.

 

Rappelons que ce nouveau service stratégique s’appuie sur l’expertise de Groupama Banque racheté à Groupama mais aussi sur ses initiatives internes comme Orange Money, très utilisé en Afrique (400 millions d’euros par mois de transactions) où les comptes bancaires sont rares ou Orange Finanse en Pologne, un service bancaire complet et 100% mobile qui est le modèle d’Orange Bank. Difficile encore d’évaluer la qualité de cette offre mais pour l’association de défense du consommateur UFC Que Choisir, « la promesse (est) en partie tenue ». Et de souligner « quelques nouveautés techniques qui, sans être totalement révolutionnaires, peuvent se révéler pratiques à l’usage ». 

Malgré cette expérience, il semble que certains des premiers utilisateurs ont subi quelques bugs pour utiliser le service, notamment des difficultés à ouvrir un compte, des problèmes de paiements, ou le service client peu joignable. 

« Il y a eu des petits bugs, ça c’est vrai je le reconnais bien volontiers. Aujourd’hui, on estime que ça concerne à peu près 1% de nos clients », a déclaré Stéphane Richard, p-dg de l’opérateur historique sur France Inter. « Ils ont surtout concerné les clients au tout début, c’est tout à fait en cours de règlement. » 

La tendance de recrutement semble néanmoins bonne avec 30.000 clients dix jours après son lancement. « La dynamique est bonne, elle se poursuit à peu près au même rythme que les premiers jours, il n’y a pas eu de ralentissement », ajoute Stéphane Richard.

Pour Orange, ce lancement est stratégique : il participe à une diversification dans les services essentielle à l’heure où « les tuyaux » rapportent de moins en moins. Le PDG d’Orange, Stéphane Richard, évoque ainsi « une étape majeure dans la mise en oeuvre de l’ambition dans les services financiers sur mobile que nous avons affirmée dans notre plan stratégique Essentiels 2020. » La mise en orbite d’Orange Bank coûtera 100 millions d’euros à l’opérateur et les ambitions affichées sont fortes : 2 millions de clients d’ici 10 ans dont 400.000 l’an prochain et 400 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2018. 

Le groupe estime avoir les cartes en main pour réussir : « Orange dispose d’une parfaite connaissance des usages des clients et de leurs attentes en termes d’immédiateté, de simplicité et de fluidité. Le Groupe possède également une expertise reconnue dans les services financiers avec Orange Money (34 millions de clients sur la zone Afrique et Moyen-Orient) et Orange Cash (500 000 utilisateurs en France). Cette expertise a été renforcée par la prise d’une participation majoritaire dans Groupama Banque en 2016, devenue Orange Bank en 2017 ».

Enfin et surtout, le groupe pourra s’appuyer sur son réseau très dense de boutiques pour distribuer son offre. Au départ, 140 des 850 de ces points de présence seront habilités à ouvrir des comptes bancaires, des  »espace de confidentialité » seront aménagés. L’opérateur entend également tirer profit de nouvelles dispositions légales qui permettront à partir de l’an prochain d’automatiser les procédures de changement de banque pour les particuliers.  

ZDNet