Nostalgeek : le Commodore 64 débarque évidemment en version Mini

Partant du principe que les fans de rétrogaming ont du pognon, et constatant le carton mondial des versions mini des Nintendo NES et Super NES, d’autres petits malins veulent leur part du gâteau. C’est le cas de Koch Media qui ressort du grenier le mythique Commodore 64.

 

Rien de nouveau en fait, l’ordinateur lancé il y a 36 ans… a déjà fait l’objet depuis des années de multiples resucées en version hardware ou en émulation sur PC mais le timing est bon pour nous refourguer une nouvelle version baptisée THEC64 Mini qui reprend le design original de la machine mais en format réduit, avec connexion HDMI, 64 jeux (pas les meilleurs…) intégrés et un bâton de joie très années 80. La machine sera disponible en France début 2018 au prix de 79,99 euros.

Point intéressant dans cet océan d’opportunisme marketing, la machine pourra être dotée d’un clavier USB pour retrouver la joie de la programmation en BASIC (si simple sur C64 avec ses Poke, les anciens s’en souviendront). 

Pierre angulaire de l’informatique grand public, le Commodore 64 débarque dans les boutiques le 3 août 1982 au moment où la première génération de consoles de jeux (Atari VCS, Intellevision…) arrive en fin de vie, concurrencée notamment par les premiers ordinateurs personnels.

Ces machines comme les premiers Apple II font entrer l’informatique dans les foyers. Mais elles sont hors de prix. Jusqu’à l’arrivée du Commodore. Les ordinateurs devraient être construits pour « les masses, non les classes » estimait Jack Tramiel, fondateur du fabricant qui nous a quitté en avril dernier. Le C64 répond tout à fait à ce principe avec un prix serré pour l’époque 600 dollars, soit la moitié du tarif des PC et Apple II de l’époque qui faisaient rêver tous le monde.

 

Surtout, il proposait des spécifications hors du commun pour l’époque. Première machine 8 bit, il est doté de 64 Ko de RAM (ne riez pas…), permet d’afficher 16 couleurs, huit sprites, supporte le scrolling et même le double scrolling. Il n’était pas doté de mémoire de stockage, tout étant stocké sur des cassettes audio ou des disquettes de 5,25 pouces.

La puce sonore, SID, permet de gérer trois voix, plusieurs formes d’ondes, modulations sonores et capacités de filtrage. Elle est très avancée pour son époque. Son concepteur, Bob Yannes, sera le cofondateur de la société de synthétiseur Ensoniq. Pour beaucoup, le C64 sera la meilleure machine audio de l’époque, juqsu’à l’arrivée des Atari ST et des Amiga (toujours de Commodore).

Autant d’éléments qui feront du C64 une formidable machine à jouer. Les éditeurs ne s’y trompent pas et la ludothèque du Commodore 64 sera la plus vaste de l’époque et surtout la plus qualitative. De petits éditeurs y multiplient les succès comme un certain Electronic Arts qui deviendra le géant qu’on connaît.

Des millions de jeunes découvriront l’informatique avec le C64, ses jeux et son Basic. A l’époque, la moindre action devait être codée… Ainsi, pour lancer un jeu, il fallait taper ‘Load $, 8,1’… Les plus acharnés recopiaient des centaines de lignes de codes en Basic depuis des journaux spécialisés comme Hebdogiciel pour faire tourner des jeux maison. Les premiers homebrews en somme. C’était compliqué, fastidieux, mais on aimait ça.

Le Commodore 64, c’était aussi les grands débuts du piratage avec des jeux que les collégiens s’échangeaient sous le manteau ou encore des ‘démos’ où les passionnés de graphisme et de musique synthétique s’en donnaient à coeur joie.  Certains sont aujourd’hui à la tête de studios de jeux vidéo…

Il deviendra l’ordinateur personnel le plus vendu au monde avec près de 22 millions d’unités distribuées et deviendra le symbole des geeks des années 80-90. Il entraînera dans son sillage toute une série de machines comme les Amstrad, les ZX Spectrum ou encore les MSX.

L’âge doré durera quelques années. Après la sortie du pâle Commodore 128, Jack Tramiel quitte Commodore et lance en 1984 le tout aussi mythique Atari ST. Dans le même temps, les nouvelles consoles de salon (Sega, Nintendo) reprennent le dessus. 

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