Non, Linux n’est pas soudain devenu populaire sur PC

 

De nombreux articles ont été consacrés à Linux dont la part de marché mondiale aurait plus que doublé par rapport à son niveau habituel, grimpant de 1,5% à 3%, puis à 5%. Ces rapports étaient basés sur les données d’analyse de NetMarketShare. Linux bondissait de 2,5% en juillet, à près de 5% en septembre. Du jamais vu pour le pingouin. Mais malheureusement pour les partisans de Linux, ce n’est pas vrai.

L’explication n’est pas non plus à trouver du côté de Chrome OS de Google, qui a tendance à être sous-représenté dans les chiffres de NetMarketShare et StatCounter, et qui aurait pu être comptabilisé comme Linux. Ce ne serait pas si incohérent, ChromeOS étant basé sur Linux.

Une erreur et seulement une erreur

La vraie explication est beaucoup plus banale. Il semble que ce soit simplement une erreur. Vince Vizzaccaro, patron marketing de NetMarketShare m’a déclaré: « La part de Linux qui est rapportée n’est pas correcte. Nous sommes conscients de ce problème et nous l’examinons actuellement. »

Si cela vous semble étrange, c’est parce que vous pensez probablement que NetMarketShare et StatCounter comptent simplement le nombre d’utilisateurs. Ils ne procèdent pas ainsi. Au lieu de cela, chacun utilise sa propre sauce secrète pour proposer des données sur les systèmes d’exploitation.

La méthodologie de NetMarketShare consiste à « recueillir des données auprès des navigateurs des visiteurs de sites sur notre réseau exclusif (…) de clients HitsLink Analytics et SharePost. Le réseau comprend plus de 40.000 sites Web et s’étend sur le globe. Nous comptons les visiteurs uniques sur les sites de notre réseau, et ne comptons qu’une visite unique sur chaque site du réseau par jour. »

La société pondère ensuite les données par pays. « Nous comparons notre trafic à la table CIA Internet Traffic by Country et nous pondérons nos données en conséquence. Par exemple, si nos données globales montrent que le Brésil représente 2% de notre trafic, et que le tableau CIA montre que le Brésil représente 4% du trafic de l’Internet mondial, nous comptons chaque visiteur unique du Brésil deux fois. »

Comment exactement « pondèrent-ils » cette visite unique par jour sur les données d’un site ? Nous ne le savons pas.

StatCounter a également sa propre méthode. Il utilise un « code de suivi installé sur plus de 2 millions de sites à l’échelle mondiale. Ces sites couvrent diverses activités et localisations géographiques. Chaque mois, nous enregistrons des milliards de pages vues sur ces sites. Pour chaque page vue, nous analysons le navigateur / système d’exploitation / la résolution d’écran utilisée et nous établissons si la vue de page provient d’un appareil mobile … Nous synthétisons toutes ces données pour obtenir nos informations Global Stats.

Nous fournissons des statistiques indépendantes et impartiales sur les tendances de l’utilisation d’Internet. Nous ne collationnons pas nos statistiques avec d’autres sources d’information. Aucune pondération artificielle n’est utilisée. »

Comment synthétisent-ils leurs données ? Devinez quoi ? Nous ne le savons pas non plus.

Donc, chaque fois que vous voyez les chiffres systèmes d’exploitation ou navigateurs de l’un de ces services, prenez-les avec beaucoup de précautions.

Linux très présent sur d’autres terminaux

Pour des données plus précises sur les OS et les navigateurs, même si elles ne portent que sur les États-Unis, je préfère utiliser celles du DAP (Digital Analytics Program) du gouvernement fédéral.

Contrairement aux autres, les chiffres DAP proviennent de milliards de visites au cours des 90 derniers jours sur plus de 400 domaines gouvernementaux américains. Il s’agit d’environ 5.000 sites Web au total. DAP obtient ses données brutes d’un compte Google Analytics. DAP a ouvert le code, qui affiche les données sur le Web et son code de collecte de données.

Encore mieux, contrairement aux autres, vous pouvez télécharger ses données dans le format JETO (JavaScript Object Notation) afin que vous puissiez analyser vous-même les chiffres bruts.

Sur le site US Analytics, qui résume les données DAP, vous trouverez le bureau Linux, comme d’habitude, dans la catégorie « autres » à 1,5%. Windows, comme toujours, est en tête avec 45,9%, suivi d’Apple iOS à 25,5%, Android à 18,6% et MacOS à 8,5%.

Désolé, j’aimerais que ce soit plus pour Linux. En fait, je suis sûr que c’est plus. Personne, même pas le DAP, ne semble parvenir à extraire correctement les données Chrome OS, basé sur Linux. Néanmoins, le bureau Linux reste réservé aux experts Linux, aux développeurs de logiciels, les administrateurs système et les ingénieurs.

Les fans de Linux doivent se satisfaire d’un système d’exploitation qui devance ses concurrents sur tous les autres terminaux informatiques – serveurs, clouds, supercalculateurs, etc.

Article traduit et adapté par Christophe Auffray, ZDNet.fr

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