Munich : vers un retour du parc Linux sous Windows ?

Pour Munich, il est l’heure de choisir. La municipalité avait fait grand bruit en 2004 en faisant le choix de passer l’ensemble de son parc informatique sous un OS libre. Un choix qui ne fait apparemment pas que des heureux, et le nouveau maire de la ville a décidé de renverser la vapeur afin d’amorcer un retour vers Windows au cours de son mandat.

Une commission d’experts s’était ainsi penchée sur le sujet en 2016 et avait tiré ses conclusions, appelant à un retour vers un client Windows pour les utilisateurs qui le souhaitaient. La ville de Munich doit maintenant mettre au vote la proposition faite par le comité administratif du personnel, qui souhaite un retour à Windows pour les systèmes utilisés par les postes de la municipalité. Cette proposition envisage un retour effectif à Windows pour 2020, invoquant la nécessaire interopérabilité avec les produits de partenaires tels que SAP afin de justifier le changement.

LiMux conservé comme solution de transition

 

C’est l’arrivée en poste du nouveau maire Dieter Rieter en 2014 qui a déclenché cette initiative. Le représentant du parti Social Démocrate allemand (SPD) avait fait part de son souhait de revenir à Windows et avait commissionné plusieurs sociétés de consultants afin de travailler sur la question d’une éventuelle migration vers Windows. Comme le remarque The Register, cette proposition devra être votée cette semaine, mais rien n’est gagné pour l’instant : le SPD aura besoin du soutien des verts pour faire passer cette mesure, et ceux-ci restent en faveur du logiciel libre.

Munich avait amorcé en 2004 une migration de l’ensemble de ses postes vers une distribution Linux baptisée LiMux. Cette migration avait à l’époque été saluée par la communauté du libre : Munich était en effet la première administration à faire le choix d’un environnement libre pour l’ensemble de ses postes de travail. Mais les rapports sur la question ont fait émerger des problèmes rencontrés par les utilisateurs, qui se plaignent de nombreux bugs et de problèmes de compatibilités avec les fournisseurs et partenaires de la municipalité. Pour Matthias Kirschner, président de la Free Software Fondation Europe, ces problèmes sont néanmoins plutôt liés à des questions de management et d’organisation qu’au choix de logiciel libre.

Si la décision est prise de retourner sous Windows, la municipalité conservera néanmoins le support de LiMux. La municipalité entend offrir à ses utilisateurs le choix des outils logiciels qui leur convient le mieux, et LiMux sera de toute façon conservé le temps d’assurer la transition vers le nouveau modèle. Le comité administratif du personnel propose ainsi notamment de migrer les applications vers des plateformes web ou virtualisées, afin de permettre aux utilisateurs de continuer à bénéficier de l’ensemble des applications quel que soit leur choix de système d’exploitation.