Les startups françaises à la conquête du monde assure France Digitale

Les start-up du numérique françaises réalisent 54 % de leur chiffre d’affaires à l’international mentionne le baromètre EY/France Digitale, présenté à l’occasion du France Digitale Day qui se déroule aujourd’hui à Paris. Et les start-up numériques françaises ont vu leur chiffre d’affaires augmenter de 33 % en 2016 par rapport à l’année précédente.

 

Pour France Digitale, cette dynamique n’est pas étonnante. La France rassemble tout à la fois des « champions internationaux », mais aussi de toutes jeunes sociétés qui veulent directement percer sur les marchés étrangers. La preuve ? 35% des start-up françaises se financent avec au moins un capital-risqueur étranger. Une vision qui ne se répand pas encore à tout l’écosystème. « Personne au niveau des fonds français n’a encore compris qu’il faut aller à l’international » regrette Pierre-Eric Leibovici, fondateur du fonds Daphni.

Autre enseignement de l’étude, l’appui conséquent des aides publiques pour créer de nouvelles structures. Les start-up utilisent massivement le CICE ou le CIR, pour respectivement 72 % et 56 % d’entre elles. Surtout, 52 % bénéficient des avantages fiscaux liés au statut de Jeune Entreprise Innovante (JEI). Une spécificité française souligne le document d’étude, qui insiste aussi sur la structuration de l’écosystème. 45 % des startups s’appuient sur des incubateurs et des accélérateurs pour développer leur activité. « Ca, c’est tout à fait nouveau » assure Franck Sebag, de EY, notant que désormais « 55% des startups de moins de 5 ans utilisent des incubateurs ».

Les startups créent de l’emploi

Le baromètre insiste également sur le rôle de ces jeunes entreprises en matière de création d’emploi. En moyenne 2,7 emplois sont créés par des start-up en France, pour 1,2 à l’international. Et plus de neuf start-up sur dix ont l’intention de continuer à recruter en 2017, à 89% en CDI. A noter que la moyenne d’âge est de 31 ans, et de 40 ans pour le management. Jeune ? « Il y a peu de seniors dans nos activités, il n’y en a pas assez » relève Stéphanie Delestre, fondatrice de Qapa.

Sans surprise, la difficulté à recruter et à trouver des profils adaptés est un souci de taille pour ces toutes jeunes entreprises. Avoir des idées, c’est bien, un business plan, c’est mieux, mais recruter des développeurs, c’est un peu le Graal pour de nombreuses startups. « La vraie barrière, c’est celle du recrutement des talents avant la question du financement » explique Xavier Lorphelin, de Serena Capital. Il juge par ailleurs que si le recrutement des développeurs est toujours un sujet, « on voit croitre une très forte demande de profils de commerciaux et de marketing ».

Les startups, bon plan com’ du gouvernement

La veille le Premier Ministre Edouard Philippe avait opportunément annoncé trois mesures destinées à assurer le dynamisme des startups françaises lors d’une soirée French Tech.

D’abord former. « Le monde et ses métiers changent à grande vitesse » a t-il dit. « les pays qui sauront former plusieurs fois dans une même vie seront ceux dans lesquelles les entreprises seront les plus performantes ». Ensuite internationaliser et diversifier les recrutements. Le Pemier Ministre s’est engagé à « amplifier » le programme French Tech Diversité en « doublant les moyens ». Enfin, le premier ministre a assuré vouloir assouplir les cadres réglementaires pour assurer le développement des startups. Une initiative qui devrait se concrétiser dans le cadre du projet de loi de Finance. Le lancement de la revue sectorielle des start-up confiée à Mounir Mahjoubi, secrétaire d’Etat en charge du Numérique, participe de cette mesure.

Edouard Philippe a rappelé que dans le cadre du grand plan d’investissement 22 milliards d’euros étaient mis à disposition des initiatives en faveur de l’innovation numérique (9 milliards d’euros pour la transformation numérique de l’Etat et 13 milliards pour l’innovation).

ZDNet