Les étudiantes abandonnent toujours l’informatique

 

Pour trouver des femmes dans la technologie, une classe de cours d’introduction à l’informatique pourrait bien être la bonne direction où regarder.

À l’Université Carnegie Mellon, par exemple, 48% de la nouvelle promotion d’étudiants de première année en informatique pour la période scolaire 2016-17 étaient des femmes.

Mais disposer d’une forte présence féminine en début de cursus pourrait s’avérer insuffisant pour contribuer à renforcer le nombre de femmes travaillant dans le secteur technologique, selon une étude de TechRepublic.

Les cours d’introduction fonctionnent, à l’entrée

Cet état des lieux de la féminisation du secteur montre que, malgré les efforts visant à orienter les femmes vers la technologie grâce à des cours d’introduction offrant beaucoup de soutien et ne nécessitant pas d’expérience antérieure sur les ordinateurs, de nombreuses universités ne parviennent pas à retenir les femmes lors du choix de leur spécialité.

« Il est surprenant de constater que toutes ces grandes écoles ont fait de bons progrès en ce qui concerne l’attractivité des cours d’introduction auprès des femmes. Toutefois, après examen attentif, vous constatez que cela ne débouche pas sur une hausse du nombre de femmes diplômées d’informatique » écrit l’auteur de l’étude, Alison Denisco.

Le secteur technologique s’efforce de remédier au faible nombre de femmes et de minorités, dont la progression reste très faible année après année. Pendant ce temps, des polémiques éclatent, comme celle du manifeste d’un ex-salarié de Google, James Damore, s’interrogeant sur l’inaptitude biologique des femmes pour la technologie. Ces déclarations retentissantes ne font certainement pas office de message de bienvenue, même si les grandes entreprises mettent en avant une image d’inclusivité.

Le rapport de TechRepublic relate les expériences de femmes étudiantes des meilleures universités des États-Unis. Et si elles entament leurs études supérieures en compagnie de nombreuses autres femmes, la féminisation tend à se réduire au fil du temps pour basculer sur des proportions à dominante masculine. Les chiffres ont la vie dure et ainsi seulement 18% environ des spécialisations en informatique sont des femmes.

L’étude décrit également diverses raisons expliquant le déclin s’opérant entre la première année et le diplôme, dont le manque de modèles féminins, les professeurs et même les partenaires d’étude. Et c’est sans compter les habituels stéréotypes intentionnels ou non intentionnels et le sexisme.

Un étudiant du MIT rapporte ainsi les déclarations d’un enseignant donnant lieu à des commentaires tels que celui-ci : « certains d’entre vous devraient bientôt se marier. »

Un autre élève explique : « Personne ne veut livrer de petites batailles tous les jours. Cela vous lasse. »

Article traduit et adapté par Christophe Auffray, ZDNet.fr

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