Le FBI peste de nouveau contre le chiffrement des smartphones

 

Le FBI est de nouveau confronté à des difficultés pour accéder au smartphone d’un tueur de masse.

Un porte-parole a déclaré lors d’une conférence de presse mardi que le FBI était incapable de lire les données du téléphone de Devin Patrick Kelley, auteur de la mort de 26 personnes et de 20 autres blessés dans une église du Texas la semaine dernière.

De nouveau un iPhone chiffré ? Silence du FBI

Le téléphone est chiffré, ce qui signifie que l’information à l’intérieur est illisible sans mot de passe. Le FBI n’a pas précisé le modèle de téléphone utilisé par le tireur.

« Avec le développement technologique et les téléphones et les chiffrements, les forces de l’ordre – que ce soit au niveau national, local ou fédéral – ne peuvent plus accéder à ces téléphones » a déclaré Christopher Combs, agent spécial du FBI en charge du dossier.

La situation fait écho à l’enquête sur un tireur à l’origine d’une attaque à San Bernardino, Californie, en décembre 2015. Dans cette affaire, le ministère américain de la Justice avait demandé une ordonnance du tribunal pour contraindre Apple à concevoir un logiciel capable de déverrouiller un iPhone C sans le code d’accès.

Le ministère de la Justice avait abandonné la procédure après qu’une entreprise ait mis au point un moyen permettant de déverrouiller le téléphone sans l’aide d’Apple.

Combs a expliqué ne pas vouloir informer les journalistes sur le type de smartphone détenu par le tireur. « Je ne veux pas dire à tous les criminels quel genre de téléphone acheter pour déjouer nos efforts pour y obtenir des indices » a-t-il justifié.

Le FBI a refusé de faire de plus amples commentaires.

Le gouvernement pour un « chiffrement responsable »

Autorités et entreprises de technologie s’opposent depuis des années au sujet des préoccupations à l’égard de la confidentialité des terminaux. Le sous-procureur général du département de la Justice, Rod Rosenstein, déplorait en octobre que le FBI ne puisse accéder à 7500 appareils mobiles du fait du chiffrement.

Les enquêteurs se tournent souvent vers le terminal d’un suspect pour obtenir des preuves, mais des entreprises comme Apple et Google tendent à privilégier la vie privée de leurs clients sur les besoins des enquêteurs.

L’information sur le terminal d’un suspect est jugée si précieuse que le FBI a déboursé 900.000 dollars auprès d’une société privée dans le but d’accéder aux données stockées sur l’iPhone du tueur de San Bernardino.

Le débat se poursuit et des responsables gouvernementaux appellent à un « chiffrement responsable« . Quant aux géants technologiques, ils affirment que briser toute forme de cyberdéfense, même au nom de la sécurité nationale, mettrait en danger les terminaux de nombreux individus.

Article « FBI can’t get inside Texas church shooter’s phone » de CNet.com traduit et adapté par Christophe Auffray, ZDNet.fr

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