Le chômage dans l’informatique à son plus haut historique

 

C’était une première : en 2016, le nombre de chômeurs recensés par Pôle Emploi dans les métiers des systèmes d’informations et de télécommunication avait baissé sur un an. Une inversion de tendance qui n’avait rien de marginale après des années de hausse ininterrompue.

En 2017, les espoirs étaient permis de voir cette inflexion de la courbe du chômage se confirmer. Plus de la moitié de l’année s’est écoulée, et cet espoir semble d’ores et déjà douché. A moins d’une nette baisse des chômeurs entre septembre et décembre.

2900 chômeurs de plus en 2 mois

En attendant, une étape a été franchie, mais négative celle-ci. Après deux mois consécutifs de forte hausse des demandeurs d’emploi, le bilan s’établit en août à son nouveau plus haut historique, soit 50.000 chômeurs dans les catégories ABC réunies.

Le peu glorieux record précédent remontait à décembre 2003 (49.700), c’est-à-dire après l’explosion de la bulle Internet. Le seuil des 49.000 chômeurs a bien de nouveau été franchi depuis en 2015 et 2016, mais sans dépasser 49.700.

C’est chose faite depuis août 2017 au gré des 2900 chômeurs de plus enregistrés par Pôle Emploi entre août et juin. En l’espace de deux mois seulement, les inscrits ont bondi de successivement 1400 et 1500.

Et les chômeurs en activité réduite sont loin d’être les seuls concernés. Au contraire. La catégorie A, soit sans aucune activité durant la période, a grimpé en flèche. Le bond est de 2100 demandeurs d’emploi sans activité en un mois à 39.600 en août 2017.

Le plus haut historique pour la catégorie A, qui remonte à 2003, n’est pas encore supplanté (plus de 41.000). Pour le moment. Le bilan est néanmoins assez négatif déjà, même si traditionnellement l’été est marqué par une progression saisonnière du chômage dans l’informatique et les télécoms. Sans doute en raison du ralentissement des projets IT.

Il reste à présent à espérer que la fin de l’année permettra de renouer une fois encore avec la tendance des années précédentes avec un reflux des chômeurs inscrits auprès de l’agence pour l’emploi. D’autant que parallèlement l’activité économique des entreprises du numérique a nettement redémarré et que celles-ci semblent faire preuve de volontarisme en matière de formation des chômeurs (grâce au dispositif du POE) et d’embauche de cadres.

Editeurs, startups et ESN du numérique ne sont cependant pas les seuls employeurs de profils informatiques. Leurs clients recrutent eux aussi, mais suppriment également des emplois. Sous l’effet de la transformation numérique, par exemple en externalisant sur le Cloud , ou par le biais de technologies d’automatisation ? C’est une possibilité, mais l’impact est difficile à chiffrer. En 2012, la Dares prévoyait bien un ralentissement des créations nettes d’emplois.

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