Kaspersky, mis à l’écart par l’armée française ?


Kaspersky n’est pas sorti des ennuis. Cet été, l’administration américaine avait déjà fait diffuser une circulaire invitant les administrations du pays à se passer des antivirus de l’éditeur russe de cybersécurité. Cette initiative avait été motivée par les soupçons qui pèsent sur la société, accusée d’entretenir des liens très étroits avec les services secrets russes. Des liens que la société russe a toujours démentis, mais qui ont suffi à décider l’action de l’administration américaine.

 


Mais c’est maintenant à l’armée française d’emboîter le pas à outre atlantique, en tenant à Kaspersky à l’écart de plusieurs appels à projets. Selon les informations publiées par l’Express, l’armée française aurait d’ailleurs pris la décision de réduire sa dépendance à l’égard de Kaspersky bien avant l’administration américaine. Mais l’épisode WannaCry aurait apparemment accéléré le mouvement selon le magazine.

Citant « une source proche du dossier », l’Express explique que ce sont bien les liens de Kaspersky avec les services secrets russes qui inquiètent la Dirisi (Direction interarmées des réseaux d’infrastructure et des systèmes d’information de la défense.) Le risque serait d’exposer l’armée française à des actes d’espionnage ou de sabotage. Contacté par l’Express, le ministère des armées explique que l’idée est d’éviter qu’un seul logiciel prenne une place prépondérante au sein du parc de machines de la défense française.

Les accusations à l’encontre de Kaspersky ont été notamment ravivées par la publication de plusieurs mails confidentiels entre Kaspersky et le FSB russe par Bloomberg, au début du mois de juillet 2017. Contacté par ZDNet.fr, Kaspersky rappelle ainsi que « l’entreprise est considérée comme un éditeur et un partenaire de confiance, proposant des solutions et des services en cybersécurité à un grand nombre de particuliers, d’entreprises et d’organisations du secteur public. Malheureusement, Kaspersky Lab se retrouve au centre d’un conflit géopolitique, entraînant la diffusion d’allégations qu’aucune preuve n’est venue étayer. »

Le communiqué précise au passage que Kaspersky est tout à fait prêt à répondre aux éventuels questionnements et à collaborer avec les autorités afin de prouver sa bonne foi. Aux États unis, une audience de PDG de la société devant le Congrès américain est ainsi attendue prochainement.

ZDNet