J’ai ce que j’ai donné : l’Open Source a le vent en poupe en France

La France n’a pas à rougir de son écosystème Open Source et celui-ci tenait salon comme chaque année aux Docks Pullman, au nord de Paris, pour la troisième édition de l’Open Source Summit. Ce salon est né de la fusion de deux autres manifestations parisiennes importantes : le salon Solution Linux et l’Open World Forum.

Aujourd’hui, le nouveau salon s’est installé dans le paysage et commence à prendre ses habitudes, attirant de plus en plus d’invités et touchant à des sujets variés. Car si le cœur du salon reste concentré sur les technologies open source, d’autres secteurs ont également leur place au sein des stands.

On a ainsi pu voir pour la deuxième année consécutive les sociétés de legal tech, regroupés dans un village dédié. En plein développement, les startups mêlant le droit et les nouvelles technologies ont en effet leur propre cycle de conférence dédié au sein du salon et un village dédié pour rassembler leurs stands. À leur coté, on retrouver évidemment le village associatif avec Framasoft, l’April ou d’autres associations impliquées dans l’écosystème. Enfin, les entreprises sont également venues en force : l’open source est aujourd’hui un véritable enjeu business comme le souligne l’étude commandée par les organisateurs du salon.

La France en tête de peloton


« La France est aujourd’hui en tête de peloton sur l’Open Source en Europe » explique ainsi Philippe Montargès, cofondateur et président d’Alter way et co-président du Conseil National du Logiciel Libre, l’une des associations partenaires de la manifestation. Pour ce chef d’entreprise, l’Open Source Summit est une véritable occasion de venir rencontrer la communauté et faire de nouvelles rencontres, sur le plan business comme sur le plan communautaire et politique. « C’est un moment fort pour la communauté, l’occasion de rencontrer à la fois nos partenaires, mais aussi nos clients et présenter nos nouveautés » poursuit Philippe Montargès. « Le salon n’est pas uniquement porté sur l’aspect purement technique, on retrouve ainsi des thématiques bien plus larges qui touchent aux enjeux du logiciel open source tel que l’open data ou encore l’open gouvernance. »


Difficile en effet de passer à côté : les ministres et députés font le détour à l’occasion du salon pour saluer l’initiative et venir professer la bonne parole. Ancien président du CNNum, aujourd’hui secrétaire d’État chargé du numérique, Mounir Mahjoubi était donc un invité d’honneur pour le salon. Sans surprise, celui-ci s’inscrit dans la continuité directe de sa prédecesseure Axelle Lemaire et réaffirme son intérêt pour l’open source et rappelle que celui-ci occupe une place toujours plus importante au sein de l’informatique mise en place au sein de l’Etat et que le recours aux projets open source devrait aller croissant. Des promesses à vérifier évidemment qui sonnent moins quand on se penche sur le fameux contrat open bar entre Microsoft et l’Education nationale ou encore la Défense.

 

Le Parlement était également venu faire un tour à cet open source summit. Cedric Villani a ainsi fait un passage pour la conférence de clôture. L’occasion de saluer le travail des étudiants du village legal tech, mais aussi de parler bien évidemment de la mission qui lui a été confiée par le gouvernement sur l’Intelligence artificielle. Et Villani se veut pragmatique et méthodique à ce sujet.

« L’objet de la mission est de proposer une feuille de route en matière d’IA pour les prochaines années, en s’appuyant sur l’ensemble des leviers disponibles pour nous » explique le député. Les « leviers disponibles » sont en effet nombreux, allant de la pure et simple régulation aux soutiens accordés à la recherche en la matière. Villani rappelle que la France n’est pas démunie dans ce nouvel écosystème, et que si les GAFA sont bien outre atlantiques, les talents français sont très disputés.

« Il n’y a pas de mal à ce que nos experts partent chez les Gafa. À condition que l’échange se fasse dans les deux sens » rappelle le député en marche lors de la conférence de clôture du salon. Egalement présente pour l’occasion, la députée Paula Forteza et son équipe étaient présents pour parler de leur initiative de bureau ouvert, un atelier ouvert pour ceux qui souhaitent « ouvrir » l’assemblée nationale au moyen de technologie numériques.


Rien de très surprenant à ce que les représentants d’En Marche viennent faire de la retape sur un salon qu’on imaginerait pourtant avant tout destiné à un public de techniciens. L’open source a pris du galon au sein des instances dirigeantes et l’équipe d’Emmanuel Macron ne fait pas mystère de son intérêt pour la méthode de travail collaborative, aujourd’hui devenue une composante essentielle du paysage de l’informatique. Difficile de s’en plaindre pour le salon, qui affiche cette année un peu plus de 5000 visiteurs et aurait surement tort de faire la fine bouche.

ZDNet