Informatique bimodale : oui ou non ?

Concept imaginé par Gartner en 2014, l’informatique bimodale est présentée comme un raccourci pour la gestion informatique moderne. Selon la théorie du cabinet d’analyses, les DSI doivent mettre l’accent sur deux flux de travail simultanément : le premier concerne les préoccupations opérationnelles traditionnelles, le second est axé sur l’innovation.

 

Bien entendu, la théorie ne correspond pas toujours à la pratique… Aussi, dans une ère moderne d’économie numérique, comment l’informatique bimodale se porte-t-elle ? À bien des égards, les résultats sont mitigés. Il y a plus d’un an, nous avions suggéré que le cloud computing obligeait les DSI et leurs homologues dans l’entreprise à réévaluer leurs fonctions et qu’une forme d’organisation en couches, telles que l’informatique bimodale, pouvait aider.

Force est de constater que la dépendance au cloud continue d’augmenter, l’informatique à la demande devenant rapidement le mécanisme clé pour la fourniture de technologies aux entreprises. Pour Paul Pogonoski, directeur chez Capgemini, 2017 est un point de bascule s’agissant du cloud, les dirigeants d’entreprise reconnaissant que les nouveaux projets informatiques doivent tirer pleinement profit du cloud computing.

Ce n’est pas une tactique de leadership autonome

À cet effet, l’informatique bimodale peut aider les dirigeants à obtenir le feu vert pour leurs initiatives de transformation numérique. Trop d’entreprises continuent de considérer l’informatique comme un simple service opérationnel. L’informatique bimodale peut appuyer le point de vue des dirigeants lorsqu’ils présentent la transformation numérique comme une initiative distincte et digne d’un nouvel investissement.

Toutefois, le meilleur moyen d’utiliser l’informatique bimodale est probablement d’éviter d’employer ce terme de manière explicite. Les membres du conseil d’administration sont lassés des concepts technologiques surfaits. Plus que de battage médiatique, c’est de valeur dont ils ont besoin. Les DSI doivent travailler aux côtés des parrains dans l’entreprise et utiliser la mécanique de l’informatique bimodale afin d’élaborer un dossier économique pour des services innovants.

Tout comme le cloud a atteint un point de bascule, c’est également le cas de l’informatique bimodale. Il n’est plus nécessaire aujourd’hui de discuter des projets de cloud computing de manière isolée, puisque l’informatique à la demande fait désormais partie des activités courantes de l’entreprise. Il en va de même pour l’informatique bimodale, qui doit être considérée simplement comme un mécanisme pour aider les DSI à exploiter au mieux le financement disponible, plutôt que comme un moyen de gérer l’informatique sur le long terme.

L’informatique bimodale atteint une maturité telle qu’elle ne doit plus être considérée comme une tactique de leadership autonome. À l’instar du cloud computing, l’informatique bimodale est simplement un outil de plus dans l’arsenal du DSI. Ce n’est pas une mauvaise chose, puisqu’elle offre une autre option pour aider les responsables technologiques et leurs homologues dans l’entreprise à adopter la transformation numérique.

ZDNet