Industrie : vers une utilisation massive des jumeaux numériques en passant au digital

Un jumeau numérique est un modèle virtuel d’un processus, d’un produit ou d’un service utilisé pour détecter des problèmes, tester et simuler des scénarios sur le modèle physique d’une unité de production. Et la technologie du jumeau numérique – digital twin – va décoller affirme le cabinet de recherche. Il constate que si seulement 4% des entreprises manufacturières ont actuellement des jumeaux numériques en exploitation, 83% ont au moins commencé à enquêter sur cette technologie. Et 29% prévoient de s’y essayer dans les 12 prochains mois.

Exemple de jumeau numérique avec une éolienne.

« Les systèmes de suivi et de surveillance actuels ne produisent que des données de mauvaise qualité, mais les simulations de jumeaux numériques peuvent fournir des informations précises sur ce qui se passe dans les machines » explique ABI Research. Au point que les informations détectées sur les modèles numériques puissent permettre de prendre des décisions sur les modèles physiques.

« L’idée de la technologie d’appariement existe depuis des décennies » explique Pierce Owen, analyste principal chez ABI Research. « Aujourd’hui, l’apprentissage machine (machine learning), (…) et la modélisation en CAO ont élargi les avantages des jumeaux numériques. Il est possile de bénéficier de cas d’utilisation dans toutes les industries qui embarquent des actifs critiques ou de grande valeur ».

24% de croissance annuelle

L’utilisation de cette technologie de digital twin doit connaître une croissance élevée dans les pays les plus développés, avec un taux de croissance annuel de 24%. Le niveau d’équipement des acteurs de l’industrie manufacturière en jumeaux numériques devrait être d’environ 54% en 2026 croit savoir ABI Research. La maintenance préventive est la mission la plus citée par les acteurs qui réfléchissent à la mise en place de cette technologie. Objectif : minimiser les temps d’arrêt et augmenter l’efficacité des outils industriels.

Surtout que de nombreux fournisseurs tentent de mettre en place avec l’IoT (Internet des objets) des modèles économiques de services d’alerte pour leurs clients, en plus des services classiques de maintenance.

General Electric Aviation par exemple gère les jumeaux numériques de tous ses nouveaux moteurs à réaction sur ue logique « as-a-service ». Concrètement, les informations des jumeaux numériques aident les compagnies aériennes à optimiser les horaires de vol et de maintenance de leurs appareils où sont embarqués ses réacteurs (lire Aéronautique : le Big Data veut faciliter la maintenance de la conception à l’atterrissage). PTC et Siemens sont les deux autres grands géants de ce secteur. Schneider Electric tente récemment d’entrer dans la danse lui aussi.

De la visualisation, mais pas que

Si la perception la plus immédiate des jumeaux numériques porte que la modélisation de CAO en 3D, « bon nombre des capacités des jumeaux numériques ne nécessitent pas vraiment de visuel » explique ABI Research. Le rôle des capteurs positionnés sur le modèle physique est bien plus important. Ce sont eux qui alimentent les jumeaux numériques via une connexion IoT.

« Comme les plates-formes de cloud computing industrielles, l’adoption de jumeaux numériques n’a pas encore atteint son potentiel de croissance. Les fabricants doivent tenir compte de nombreuses évolutions, du rôle du edge computing à celui du cloud computong, ou encore du calcul de ROI. Ils doivent essayer de profiter de cette opportunité pour optimiser la performance des actifs sans trop compliquer les opérations simples » mentionne Pierce Owen.

ZDNet