Eyeo présente un nouveau modèle économique, basé sur Flattr

C’était un peu triste de voir Flattr tomber dans l’escarcelle d’Eyeo, ça n’est guère plus réjouissant de découvrir aujourd’hui les plans de l’éditeur allemand d’Adblock Plus pour intégrer Flattr au sein de son modèle économique. Rappelons rapidement les faits : Eyeo GmbH est une société allemande, éditrice du logiciel de blocage de publicité Adblock Plus, dont le modèle économique a souvent fait polémique. Celle-ci a annoncé en début d’année le rachat de Flattr, une plateforme de microdons crée par Peter Sunde, l’un des fondateurs de Piratebay, qui a aujourd’hui quitté la société pour collaborer à un nouveau projet, baptisé Njalla.

 

Restait une question en suspens : comment Eyeo comptait intégrer le service Flattr au sein de son business model ? Eyeo avait laissé entendre lors du rachat que le modèle retenu viserait à simplifier l’utilisation de Flattr par les utilisateurs en proposant de repartir une somme mensuelle de manière équitable en s’appuyant sur l’historique de navigation de l’utilisateur, qui serait analysé par la nouvelle extension Flattr.

La méthode diffère de celle utilisée jusqu’alors par Flattr, qui demandait à l’origine à l’utilisateur de cliquer sur un bouton pour que le site visité soit pris en compte dans le décompte final de Flattr. Eyeo entend simplifier la solution en la boostant à l’analyse de la navigation des utilisateurs du service. Le processus est simplifié pour les utilisateurs, qui se contentent d’installer l’extension de navigateur et d’assigner une somme mensuelle d’argent à repartir entre les sites visités. Il est aussi plus simple du côté des éditeurs, qui ne devront plus intégrer le bouton Flattr sur leur site et devront se contenter de participer au programme organisé par Flattr afin de recevoir les dons.

Une refonte qui pourrait peut-être redonner un peu de vivacité à Flattr, laissé à l’abandon depuis maintenant deux ans. Il est difficile d’évaluer les revenus générés par la plateforme dans sa version antérieure, mais la société compterait 200 000 utilisateurs enregistrés sur son service. Eyeo annonce que le programme sera tout d’abord testé auprès de créateurs de contenus basés en Allemagne, mais la société explique que l’initiative de Flattr est bien reçue par les éditeurs de presse, qui y voient une source de revenus complémentaires.


Mais cette nouvelle approche soulève évidemment des questions, notamment autour de la protection de la vie privée des utilisateurs. Eyeo confirme ainsi auprès de Zdnet.com que, contrairement à ce qui avait été initialement annoncé, les données de navigation ne resteront pas sur le pc de l’utilisateur et seront envoyées vers les serveurs d’Eyeo pour être traitées. Un choix qui pourrait faire grincer des dents les utilisateurs d’Adblock Plus, qui souhaiteraient peut être garder la main sur leurs historiques de navigation.

ZDNet