[#dreamforce 2011] Stocker ses données Salesforce dans son propre datacenter, c’est désormais possible

«We were born cloud. But today we’re reborn social»*. Marc Benioff, charismatique patron de Salesforce.com a donné le ton de dreamforce 2011 la semaine dernière : après l’ère post-pc, -qui était l’un des leitmotiv de VMworld cette année- nous voilà deux jours plus tard dans l’ère de «l’entreprise sociale», au coeur des réseaux sociaux, et bien au delà du Cloud et de la mobilité. Au passage, lors de son discours d’ouverture, Benioff n’a pas hésité à rappeler que Salesforce, l’un des pionniers en la matière, est la première entreprise profitable du Cloud.

Du moins, selon leurs chiffres :

Data Residency, une killer option pour les données

Au beau milieu de cette déferlante sociale, une annonce très intéressante : Data Residency. Il s’agirait, selon Benioff, d’une option de database.com, la base de données maison -désormais accessible à toutes les entreprises- et qui permet de choisir la localisation de ses données utilisées dans Salesforce. «Si vous voulez conserver des données sensibles que vous ne voulez pas partager dans le Cloud, c’est désormais possible. Vous pouvez stocker ces données dans votre propre datacenter. Ou choisir de les mettre dans nos datacenters» a assuré Benioff. Bien que peu de détails n’aient été donnés sur l’origine ou le fonctionnement de cette option, pour l’entreprise, elle pourrait bien changer la donne. L’externalisation impossible de certaines données pour des raisons de sécurité, de conformité ou de légalité, frein récurrent à l’adoption du Cloud, n’a ainsi, plus lieu d’être dans le cas des données Salesforce. L’option n’est peut-être pas encore parfaite, mais, cela semble, à première vue, être un bon début. Il s’agit peut-être de la technologie de la start-up CipherCloud, qui sait séparer les données métiers du reste de l’application, et qui est compatible depuis longtemps avec Salesforce. Mais Benioff n’a pas donné le moindre indice.

Heroku supporte Java : fin de l’entente entre VMware et Salesforce ?

Autre annonce qui ne laisse pas de marbre, dans le domaine du PaaS cette fois : Heroku, rachetée 212 millions de dollars par Salesforce il y a un an afin de renforcer la plateforme force.com, évolue. Et surprise, elle supporte désormais Java, en plus de Ruby on Rails, Clojure et Node.js.

Heroku, conçue à la base pour promouvoir Ruby comme une alternative à Java, a finalement poursuivi sa stratégie annoncée de devenir polyglotte, et toucher une majorité des développeurs.

Mais dans son discours, Benioff n’a cependant pas évoqué ce qu’une telle annonce pouvait impliquer pour VMforce, la plateforme conjointe entre VMware et Saleforce pour le développement d’applications Java, annoncée en grandes pompes l’an dernier. Serait-ce la fin de l’entente et le début des hostilités sur le terrain du PaaS ? Sujet délicat.

D’un côté, il est vrai que VMware s’est bien gardé de mentionner VMforce lors de VMworld la semaine dernière, et a surtout mis l’accent sur son Cloud Foundry. De l’autre, si l’on en croit Tim Anderson, blogger réputé pour ses papiers dans The Register et qui était présent à Dreamforce la semaine dernière, du côté Salesforce, il y a aussi une sorte de flou. «J’ai parlé à Tim Barker, VP Europe à propos de cette annonce, qui m’a fait une réponse diplomate : pour lui, le développeur aura toujours le choix, mais VMforce fut une inspiration qui a permis à Salesforce de se rendre compte qu’ils avaient aussi besoin de Java dans Heroku». Officiellement, Salesforce continue à travailler avec VMware. Il y a cinq jours, Heroku a même annoncé l’ajout de RabbitMQ dans sa plate-forme, racheté par VMware il y a 18 mois… Aucune information ne semble circuler d’ailleurs sur un éventuel arrêt de collaboration. Mais la guerre du Paas semble bien être entamée, et Java semble en être le nerf.

La formule pour devenir une entreprise sociale

Mais revenons au discours de Benioff. Le grand message de l’année 2011 a donc porté sur la révolution Facebook, twitter et autres outils sociaux. « Quelle est la formule pour amener cette révolution sociale au coeur de l’entreprise ?» a lancé Benioff. La formule, cela pourrait être la déferlante de nouveautés pour Salesforce, annoncées par le CEO à tous les niveaux de sa plate-forme et des applications liées. Le focus reste bien entendu autour de la relation clients.  Côté utilisateur, cela tourne beaucoup autour de Chatter, lancé l’an dernier. Chatter Now, Chatter Approvals, Chatter Customer Groups, Chatter Service, qui apportent à Salesforce des outils collaboratifs en temps réel, et accélèrent l’adoption des applications sociales aux utilisateurs. Côté plate-forme, force.com, propose de nouvelles fonctionnalités mobiles et sociales. D’abord Chatter Connect, qui permet d’étendre Chatter aux applications tierces grâce à une API Rest, simplifiant l’intégration à d’autres types d’applications comme les intranets, les portails, applications mobiles personnalisées etc…Chatter pour Sharepoint permet d’ouvrir Sharepoint à l’entreprise sociale en intégrant les fils d’actualité Chatter à un site Sharepoint mais aussi de partager des documents Sharepoint sur Chatter. Par ailleurs, la fonctionnalité Visual Workflow Cloud Designer, offre des fonctionnalités de collaboration par glisser/déposer pour automatiser automatiquement les workflows. Enfin, Siteforce est un système de gestion qui permet d’administrer l’ensemble des sites web d’une entreprise.

Un vrai show à l’américaine

Parenthèse, le «Salesforce Show», vu du web du moins, cela ressemble à un énorme show MTv. Où l’on voit Marc Benioff en maître de cérémonie, sur une scène ronde spécialement conçue pour l’occasion, recueillir l’opinion de clients et utilisateurs de renom, Burberry, Toyota etc., et qui se mêlent étrangement à un MC Hammer et un Neil Young, visiblement ravis de donner leur avis sur les nouveautés de la plateforme. Benioff se balade dans les rangs et serre des pognes à tout va, au beau milieu de son discours. Il sait y faire, le bougre, pour paraître inspiré, visionnaire et sympathique à la fois.

Benioff a aussi créé l’événement,  en opérant un face-à-face philosophique avec Eric Schmidt, PDG de Google. «La vie est courte, alors vous devez travailler avec les personnes que vous appréciez» a assuré ce dernier….

Pour info, Dreamforce’11 a réuni près de 45 000 participants au Moscone Center de San Francisco, et quelques 35 000 participants en ligne, sur la page Facebook dédiée où l’on a pu voir le show en direct. Selon Salesforce, il s’agit du plus grand événement Cloud de la planète à ce jour. A Las Vegas, VMworld 2011 et ses 19 000 visiteurs font effectivement presque figure de «petit show». Everything’s bigger in Salesforce ?

 *Nous sommes nés«Cloud», mais aujourd’hui, nous renaissons «social». Désolée pour nos chers lecteurs qui ne supportent pas les billets remplis d’anglicismes. Reconnaissez que les formules sont quand même plus percutantes en anglais dans le texte 🙂