Des regrets Bill Gates ? Oui, la combinaison Ctrl-Alt-Suppr de Windows

 

Le cofondateur de Microsoft, Bill Gates, le reconnaît : s’il pouvait remonter dans le temps, il ferait en sorte qu’une commande plus intuitive que Ctrl-Alt-Suppr, nécessitant les deux mains, soit adoptée (pour interrompre un processus et ouvrir une session Windows).

Gates a fait cette dernière remarque au sujet de la commande historique de l’univers Windows à l’occasion d’un forum organisé par Bloomberg. Il répondait à David Rubenstein, de Carlyle Group, l’interrogeant sur le pourquoi de ce choix du Ctrl-Alt-Suppr pour ouvrir une session de l’OS Microsoft.

C’est pas ma faute à moi, j’te donne ma langue à IBM

Comme il l’avait déjà fait quelques années plus tôt, Gates en a attribué la responsabilité aux ingénieurs d’IBM, responsables à l’époque du clavier PC de Big Blue.

En souriant, il a répondu : « Le clavier matériel PC d’IBM ne comportait qu’une seule façon de générer avec certitude une interruption. Ainsi, à l’évidence, les personnes impliquées auraient dû attribuer une autre touche afin que cela fonctionne. Beaucoup de machines aujourd’hui proposent cette fonction de façon plus évidente. »

Rubenstein a toutefois insisté, demandant à Gates s’il regrettait le choix qui avait été fait. Gates a esquivé la question, mais admis qu’il ferait les choses différemment à présent.

« Eh bien, je ne suis pas sûr qu’on puisse revenir dans le passé et changer de petites choses dans sa vie sans mettre en danger d’autres choses. Bien sûr, si je pouvais faire une petite correction, j’en ferais une opération à une unique touche. »

En 2013, Gates qualifiait « d’erreur » l’obligation de saisir simultanément trois touches avant de se connecter à Windows. Il faisait aussi reporter le blâme sur les ingénieurs d’IBM qui « ne voulaient pas nous donner notre bouton unique ».

Ctrl-Alt-Suppr pour vendre Windows NT aux US

La fonction à trois touches a été créée par l’ingénieur d’IBM David Bradley qui voulait que cette commande soit le raccourci permettant de redémarrer un PC IBM.

Lors d’une table ronde en 2011 avec Gates, Bradley déclarait : « Je dois partager le mérite. Je l’ai peut-être inventé, mais Bill l’a rendu célèbre » en l’utilisant pour l’ouverture de session sur Windows NT.

Comme le relevait Ars Technica à l’époque, la commande était initialement une fonctionnalité du BIOS. Microsoft en a cependant fait une fonctionnalité logicielle du mode Enhanced de Windows 3.0.

Plus tard, Microsoft espérait vendre Windows NT au gouvernement des États-Unis. Pour cela, était nécessaire une « Secure Attention Key » (SAK)  à laquelle seul le système d’exploitation pourrait répondre. Cet impératif visait à empêcher les logiciels malveillants de falsifier une invite de connexion. Ctrl-Alt-Suppr est devenu la SAK de Windows.

Article traduit et adapté par Christophe Auffray, ZDNet.fr

ZDNet