Chiffres clés : les services IT et l’édition logicielle en France

Services IT, conseil en technologies et édition logicielle

Les SMACS : les projets en croissance – Syntec Numérique évalue la taille du marché de l’édition logicielle, des services informatiques et du conseil en technologies en France en 2017 à 53,9 milliards d’euros, en hausse de 3,4%.

Le marché français demeure à dominante conseil et services. Ces prestations comptent pour 61% des revenus du secteur, devant l’édition logicielle (21%) et le conseil en technologie (17%). Le logiciel n’en continue pas moins d’afficher la croissance la plus importante à 4,4% en 2017. Cette tendance ne devrait d’ailleurs pas être remise en question l’année prochaine avec une hausse prévue de l’activité de 4,7% – pour une croissance globale du marché de 3,6%.

En 2017, comme au cours des années précédentes, le SaaS est un fort levier de croissance pour l’édition logicielle – quand le logiciel traditionnel stagne. Les revenus du SaaS atteignent 2,2 milliards d’euros cette année, contre 9,7 milliards pour le on-premise. La progression du SaaS se poursuit avec 2,7 milliards d’euros prévus l’année prochaine (+22%). La croissance du on-premise ne devrait pas dépasser quant à elle 0,8%.

Si pour assurer leur développement, les éditeurs de logiciels ont le SaaS, plus largement le secteur français du numérique peut compter sur les SMACS (Social, Mobilité, Analytics, Cloud et Sécurité). Ces projets représenteront en 2017 un chiffre d’affaires de 9,1 milliards d’euros (+16,2%). En un an, la croissance nette atteint 1,3 milliard d’euros.  A titre de comparaison, elle n’est que de 135 millions d’euros pour les environnements IT traditionnels.

En 2018, les SMACS permettront de dégager 10,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires (+15%). Mais ces technologies ne seront pas le seul levier de développement l’année prochaine. Les dépenses consacrées à la mise en conformité, en particulier RGPD, vont fortement croître dès l’année prochaine et continuer d’avoisiner le milliard d’euros jusqu’en 2020.

La croissance s’accentue en 2017/2018 – En 2016, la croissance s’était déjà accentuée en France, passant de 2,2% à 2,9%. En 2017 et 2018, la tendance reste la même avec +3,4% cette année et 3,6% annoncés pour l’an prochain.

Tous les segments du marché seront concernés avec ainsi 3% de croissance anticipée dans le conseil et les services, 4,7% dans l’édition logicielle et 4,5% pour le conseil en technologies. Pour ce dernier, 59 % des acteurs de taille intermédiaire augmentent leur chiffre d’affaires en 2017. C’est encore mieux chez les grands prestataires, 87 % dans cette situation. L’évolution du modèle économique, le développement à l’international (pour les grands acteurs), et de nouvelles offres de services et domaines de compétences (IoT, robotique, cybersécurité) portent leurs fruits.

De quoi faire oublier les contreperformances des années précédentes. Après la chute de 2009 (-4%), la reprise s’était amorcée en 2010 (+1,5%) et 2011 (+3,6%), avant de souffrir d’un nouveau ralentissement en 2012 (+0,8%). En 2013, le secteur retombait dans le rouge (-0,3%). Le conseil et les services informatiques, le principal marché en France étaient les plus affectés avec une croissance nulle en 2012, puis négative en 2013 (-0,3%). Mais c’est le conseil en technologie qui souffrait le plus avec une baisse de 1,5% en 2013, puis de nouveau -1,5% en 2014. En 2015, ce secteur s’est redressé avec +1%.

Les ESN croquent les SMACS – Les services aussi ont connu des années difficiles. Depuis, ils ont nettement renoué avec la croissance. SMACS et transformation numérique sont un élément d’explication. Ces domaines ont enregistré une nette croissance. Celle-ci se maintiendra en 2018 (+16%) pour représenter 4,8 milliards d’euros de chiffre d’affaires, soit 14% du marché.

Selon Syntec Numérique et IDC, d’autres leviers sont aussi à prendre en compte, comme une demande forte de la part de clients comme la banque/assurance, l’énergie ou le transport. De plus, à l’image du conseil en technos, les services profitent de l’émergence de nouveaux domaines d’activités que sont notamment l’IoT, Big Data, Mobilité, Devops…

Le logiciel : croissance toujours – Le logiciel en France, c’est plus de 11,9 milliards d’euros de chiffre d’affaires (et à plus de 80% dans le B2B). En 2017, le SaaS pèse 2,2 milliards d’euros, soit désormais 18,5% de l’édition logicielle. Cette part grimperait à 21,5% en 2018 grâce à une croissance prévue du SaaS de 22% (ou 2,7 milliards d’euros). Le modèle traditionnel on-premise n’évoluerait que de 0,8%.

Et cette tendance en faveur du SaaS ne devrait que s’accentuer. En effet, les éditeurs sont toujours plus nombreux à disposer d’une offre SaaS. Cela explique d’ailleurs la croissance de 4,4% affichée par l’édition logicielle en 2017 et les 4,7% visés en 2018.

Mais le dynamisme commercial pourrait-il être encore supérieur ? Oui, laisse entendre le patronat. A condition de disposer de plus de développeurs sur le marché de l’emploi. Comme les autres employeurs du secteur, ceux-ci assurent être confrontés à des difficultés de recrutement.

Le SaaS en France en 2017 : 2,2 milliards d’euros – La croissance des recettes des éditeurs issues des solutions en mode SaaS reste forte année après année. Et 2017 n’a pas débouché sur une remise en cause. Les revenus récurrents ont atteint 2,2 milliards d’euros.

Si les éditeurs poursuivent leur transformation, ils n’ont pas pour autant rompu avec les logiciels traditionnels qui en 2017 généraient 9,7 des 11,9 milliards d’euros du secteur français de l’édition logicielle. Le on-premise, dont la croissance est faible, reculera cependant de 3 points en 2018. Le SaaS affichera une croissance de 22% à 2,7 milliards d’euros.

La France en retrait en Europe et dans le monde

La France dans la moyenne européenne – Si les services et le logiciel ont pleinement renoué avec la croissance en France, le pays n’en demeure pas moins en retrait par rapport au reste du monde. Il en allait déjà ainsi avant la crise de 2007 cependant. Hors BPO et conseil en technologies, la France se développe de 2,8%, contre 4,8% aux Etats-Unis et 4,9% pour l’Asie/Pacifique. En revanche, l’Hexagone se rapproche de la moyenne en Europe de l’Ouest (3,3%), qui englobe donc nos voisins directs, et en particulier l’Allemagne et le Royaume-Uni..

La France loin de l’Allemagne – Par rapport à ses grands voisins européens, la France (hors BPO et conseil en technologies), et malgré la reprise enregistrée en 2014, affiche des performances toujours plus modestes avec +3,5% pour le Royaume-Uni et +4,3% pour l’Allemagne. Mais 1,8% de croissance en 2015 pour une industrie qui vante si régulièrement son dynamisme, n’est-ce pas un peu juste ? « Ce n’est quand même pas mal par rapport au reste de l’économie » répond Guy Mamou-Mani. Toutefois, cette année encore, la France fera moins bien que ses voisins. Au niveau mondial, la croissance sera en 2015 de 4,3% (4,1% aux US, 2,9% en Europe de l’Ouest et 5,9% en Asie Pacifique). Et la France ? A périmètre identique, les logiciels et services progresseront de 2,1% selon les estimations d’IDC. ZDNet