Chiffres clés : le chômage des informaticiens

2017, bond de l’été (Août 2016 – Août 2017) – Depuis la crise financière de 2007/2008, le chômage dans l’informatique et les télécoms poursuivait sa hausse. Le cycle semble avoir pris fin en 2016. Pour la première fois, l’année s’est terminée sur une baisse du nombre d’inscrits à Pôle Emploi.

Et durant plusieurs mois, le nombre de chômeurs stagnait, voire baissait légèrement. Trop peu cependant pour renouer avec le niveau d’avant-crise. Ainsi en juin 2017, Pôle Emploi recensait 47.100 demandeurs d’emploi (ABC), contre 47.500 un mois plus tôt et 45.600 en juin 2016 (+3,28%). Dans l’ensemble de l’économie française, le chômage a enregistré une baisse en juin de 0,3% pour la catégorie A. Dans la catégorie A, 36.100 chômeurs des métiers des systèmes d’information et des télécoms sont inscrits, contre 400 de plus en mai 2017. Sur un an, le chômage demeure malgré tout orienté à la hausse de 1,69%, quand il était en baisse quelques mois plus tôt.

Mais la courbe du chômage dans les métiers de l’IT semble caractérisée par une certaine saisonnalité. Ainsi, le nombre de chômeurs tend à croître nettement en juillet et août. Et cela se vérifie en juillet 2017, comme en août. La catégorie A, soit sans aucune activité durant la période, a grimpé en flèche. Le bond est de 2100 demandeurs d’emploi sans activité en un mois à 39.600 en août 2017.

Pire, après deux mois consécutifs de forte hausse des demandeurs d’emploi, le bilan s’établit en août à son nouveau plus haut historique, soit 50.000 chômeurs dans les catégories ABC réunies.

Comment expliquer le discours du patronat des services et logiciels IT, qui revendique six années consécutives de créations nettes d’emplois (14.000 revendiquées en 2015 et autant pour les cadres en 2016) ? Editeurs, startups et ESN du numérique ne sont cependant pas les seuls employeurs de profils informatiques. Leurs clients recrutent eux aussi, mais suppriment également des emplois. Sous l’effet de la transformation numérique, par exemple en externalisant sur le Cloud , ou par le biais de technologies d’automatisation ? C’est une possibilité, mais l’impact est difficile à chiffrer. En 2012, la Dares prévoyait bien un ralentissement des créations nettes d’emplois.

Le Munci, une association de professionnels de l’informatique
très attentive aux questions d’emploi, relativisait nettement le recul de 2016. Elle signalait au contraire une explosion
des chômeurs dans ces métiers depuis 2011. En tenant compte de toutes
les catégories (A, B, C, D, E), le chiffre atteignait 88.240 en décembre 2015 (66.110 en décembre 2011).

Une mutation en cours – Avec la crise financière, le chômage des informaticiens était monté en flèche. Ce n’est qu’en 2016 qu’il a légèrement baissé. Pour les catégories ABC, il est même au-dessus du niveau de celui de la bulle Internet, une période noire pour l’emploi IT.

En 2016, l’Apec a observé une très nette reprise des recrutements de cadres dans l’informatique à 43.900 (en CDI ou CDD d’au moins un an). Et pour 2017, l’agence table sur une nouvelle progression avec 46.100 et 51.000 embauches de cadres.

Mais ce paradoxe, avec des pénuries et un chômage élevé, ne s’explique-t-il pas par le comportement des employeurs en termes de recrutement ? A savoir privilégier les jeunes, notamment pour des raisons de coûts et de prix de leurs prestations. En 2015, les cadres de moins de 6 ans d’expérience représentaient 66% des embauches.

Malgré les difficultés de recrutement dont elles se plaignent depuis des années, les entreprises ne semblent pas plus enclines à mieux anticiper leurs besoins de main-d’œuvre, et sur un plus long terme, afin notamment de lancer en interne des programmes de formation adaptés.

ZDNet