Cet acteur de l’IOT veut être le premier à généraliser l’éclairage intelligent

Si l’on vous demande de citer un pays précurseur dans le domaine prometteur de l’internet des objets, vous ne penserez peut-être pas tout de suite à l’Estonie. Une entreprise installée là bas pourrait toutefois changer la donne.

 

Thinnect espère introduire un système de contrôle de l’éclairage, qui pourrait ensuite devenir un standard de fait de l’internet des objets. Image : Getty Images/iStockphoto

Thinnect est une startup fondée il y a tout juste deux ans en vue de développer une technologie qui permet de gérer les 100 derniers mètres des réseaux de l’internet des objets. Sa technologie est déjà utilisée dans cinq pays pour gérer les systèmes de chauffage et de refroidissement des bâtiments, ainsi que dans un éclairage public intelligent déployé en coopération avec une autre entreprise estonienne, Cityntel.

En mai, Thinnect a obtenu un financement de plus de 1,7 million de dollars, auprès d’investisseurs nouveaux et existants, dont le groupe Band of Angels de la Silicon Valley. Ce financement et un autre développement récent conduisent Jurgo Preden, PDG de Thinnect, à penser que le potentiel de l’Estonie peut se réaliser dans l’internet des objets. Son entreprise fait partie de 15 sociétés, organisations et universités locales qui ont décidé en octobre dernier de fonder une association à but non lucratif pour développer les technologies de l’internet des objets en Estonie.

Eclairage intelligent pour 30.000 clients

« Beaucoup d’entreprises ont décelé l’opportunité et ont commencé le développement de produits, ce qui peut susciter une plus large adoption », confie Jurgo Preden à ZDNet. Thinnect elle-même est en fait une entité dérivée. Ses racines remontent à l’entreprise estonienne Defendec, qui fournit des technologies de surveillance des frontières à plus de 20 pays. Il y a deux ans, les fondateurs de Defendec ont décidé de faire de sa division dédiée aux technologies de communication une entreprise autonome, confiée à quelques ingénieurs clés et à Jurgo Preden, alors directeur de la technologie de Defendec.

À l’heure actuelle, Thinnect emploie 14 personnes. Comme de nombreuses startups dans le pays, l’équipe d’ingénieurs est basée en Estonie, tandis que l’équipe dirigeante se trouve dans la Silicon Valley. Le premier grand client de Thinnect a été l’entreprise estonienne Cityntel, spécialisée dans l’éclairage public. « Outre Cityntel, nous comptons de multiples clients partout dans le monde. En 2016, nous avons mené un projet pilote avec Philips Lighting dans la Silicon Valley. De nombreuses entreprises spécialisées dans l’éclairage utilisent notre technologie pour améliorer leurs produits avec des contrôles intelligents et nous avons quelques clients qui se trouvent dans la phase d’évaluation », indique Jurgo Preden.

En janvier, l’entreprise a signé un contrat avec une société d’éclairage dont le nom n’a pas été dévoilé, décrite par Jurgo Preden comme de niveau 1. Celle-ci prévoit d’utiliser la technologie de Thinnect dans son produit d’éclairage intelligent, qui sera proposé à ses 30.000 clients dans le monde.

Aucune application phare n’a émergé pour l’instant

D’après Jurgo Preden, même si de nombreuses entreprises traitent les 100 derniers mètres de connectivité de l’internet des objets, il n’y a pas de leader mondial incontestable sur le marché où Thinnect opère.

« La plupart des solutions reposent sur la technologie Zigbee et ont été développées en interne par des entreprises qui ne sont pas des expertes de la connectivité, mais qui se concentrent sur la fourniture de leur produit pour l’éclairage, la surveillance industrielle, le suivi ou n’importe quelle autre des dizaines d’applications de l’internet des objets. »
L’internet des objets est présenté depuis des années comme la prochaine grande innovation qui va transformer le monde, mais son essor reste pour l’heure limité.

« Aucune application phare n’a émergé qui pourrait faire baisser le coût de la technologie et justifier l’investissement dans le développement de solutions évolutives », déplore-il. « En même temps, les technologies existantes présentent des surcharges importantes dans les phases de déploiement et de gestion, au point que les applications basées sur ces technologies s’avèrent économiquement irréalisables. »

Permettre aux électriciens de travailler sur l’éclairage intelligent

Il prétend que la technologie de Thinnect contribue à changer cette faisabilité, car les produits basés sur sa technologie peuvent être déployés sans formation. « Un électricien peut installer les appareils et nous gérons les solutions déployées automatiquement à partir du cloud, garantissant la fiabilité de l’application », affirme Jurgo Preden.
Les principaux problèmes dans le développement mondial de l’internet des objets et dans son implémentation plus large résident dans le manque de coopération et de standards.

« La plus grande innovation viendra lorsque les produits de l’internet des objets deviendront tellement courants et faciles à utiliser qu’ils seront présents partout », considère-t-il. « À l’heure actuelle, de nombreux produits de l’internet des objets ont été déployés. Toutefois, tous ces produits sont des solutions niches qui ne communiquent pas entre elles. Ils sont conçus sur mesure pour des applications spécifiques. »

Il prédit que les appareils de l’internet des objets présenteront une interopérabilité transparente et un déploiement sans aucune intervention, de sorte que de nombreuses applications seront également réalisables sur le plan économique, contrairement à aujourd’hui.

Aller vers le standard

« Il ne faut pas s’attendre à ce que cela vienne d’une seule technologie ou entreprise. C’est plutôt la collaboration entre de multiples entreprises qui rendra une telle évolution possible. Thinnect peut clairement y contribuer avec sa prise en charge de multiples applications et sa mise en service prête à l’emploi », affirme Jurgo Preden.

Son plus grand objectif pour le futur proche est d’introduire un système de contrôle de l’éclairage sur le marché, en collaboration avec son partenaire de niveau 1, qui pourrait ensuite devenir un standard de fait pour l’industrie.

« Les principaux défis sont le rythme lent de l’adoption des nouvelles technologies sur ce marché et la capacité du marché à comprendre les opportunités offertes par cette nouvelle technologie », conclut-il.

ZDNet