Arnaque à l’assurance : quand le pacemaker fait le mouchard au bénéfice de la police

Un homme vient d’être inculpé pour incendie criminel et fraude à l’assurance après que la police ait mis la main sur les données de son peacemaker. De quoi mettre à mal un alibi qu’il croyait solide assure The Register.

 

Exemplaire de pacemaker (Source : Wikipedia)

En septembre dernier les pompiers de Middletown dans l’Ohio parviennent à éteindre un incendie qui ravage la maison Ross Compton. L’homme de 59 ans déclare à la police que l’incendie a éclaté dans sa maison, qu’il a réussi à briser une fenêtre avec sa canne, y jeter quelques affaires et s’enfuir par cette issue. Les dégâts sont chiffrés par l’assurance à 400.000 dollars.

Selon des documents judiciaires obtenus par des journalistes, l’enquête réalisée suite à l’incendie montre que le feu a pris à différents endroits de la maison. Suggérant par là même un incendie criminel. Des traces d’essence sont également constatées sur les chaussures, le pantalon et la chemise de Ross Compton. Sans compter que son récit de la tragédie colle assez peu avec celui livré aux pompiers lors de son premier appel d’urgence.

Analyse des données du stimulateur cardiaque

Ross Compton a entre autre indiqué aux forces de police être équipé d’un stimulateur cardiaque – dit pacemaker. Et voici donc que la police obtient un mandat de perquisition afin d’obtenir la fréquence cardiaque et le rythme cardiaque du patient enregistré par l’appareil. Et ce avant, pendant et après l’incendie. Conclusion de l’analyse de données : il est « hautement improbable » que Ross Compton dise la vérité, parce que les informations montrent que l’homme n’était pas apte à s’enfuir par une fenêtre, assure un cardiologue réquisitionné pour l’occasion.

« Il est hautement improbable que M. Compton ait été en mesure de recueillir, emballer et retirer des objets de sa maison, sorte de la fenêtre de sa chambre et transporte ces nombreux articles volumineux et lourds à l’avant de sa résidence pendant cette courte période de temps » assure l’avis d’expert déposé au tribunal. « C’était une des pièces clés des preuves qui nous a permis de l’inculper » assure le lieutenant Jimmy Cunningham. Bien sûr, les traces d’essences ont dû jouer un rôle plus important dans l’inculpation ! Mais les données du pacemaker ont renforcé les doutes des enquêteurs, de quoi transformer tout cela en preuves accablantes.

Il semble que c’est la première fois que la police utilise l’enregistrement des données d’un stimulateur cardiaque de cette façon. De quoi se poser quelques questions sur la manière dont les forces de police peuvent enquêter sur les objets connectés de santé.

Ross Compton, inculpé le 27 janvier, a déclaré que les accusations étaient « totalement insensées ». « Cette enquête à été réalisée de manière incontrôlable » a t-il dit à télé WLWT5. « Je n’avais aucune raison de brûler ma maison. »

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